
Ce projet de livraison de produits primeurs par vélo cargo électrique avec capote, porté par l’association Éthiciel, s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et solidaire, bénéficiant à chaque acteur de la chaîne. Pour les primeurs et producteurs locaux, il offre un débouché stable et élargi, en réduisant les pertes liées aux invendus et en garantissant une distribution rapide depuis des points de vente équipés de réserves réfrigérées ou sèches pour certains fruits ou légumes.
Les livreurs, souvent issus de publics éloignés de l’emploi, accèdent à des postes peu qualifiés mais socialement valorisants, avec des horaires flexibles et une rémunération digne. Leur recrutement repose sur des tests d’effort adaptés à la condition physique requise et une maîtrise de la langue française suffisante, complétés par une formation à la communication pour garantir un service de qualité. Bien que ces emplois soient peu qualifiés (savoir communiquer, lire et compter), ils ouvrent des perspectives d’évolution vers d’autres métiers grâce à des formations complémentaires. Les livreurs n’auront pas à gérer les paiements, ceux-ci étant effectués à l’avance par les bénéficiaires. En cas d’absence non signalée du client et de son tiers de confiance dans le voisinage dans l’immeuble ou mitoyen de l’immeuble, la livraison sera reprise par le primeur pour éviter tout gaspillage, et le montant sera conservé.
Les consommateurs, qu’ils soient en situation de handicap, de maladie ou simplement actifs, profitent d’un accès facilité à des produits frais, bio ou standards selon leur budget, sans contrainte de déplacement. Le système, utilisant un logiciel libre de gestion des créneaux de livraions s’interface avec le logiciel d’optimisation des tournées pour réduire l’empreinte carbone, tout en créant du lien social. Les livreurs deviennent ainsi des acteurs clés de la résilience alimentaire urbaine, tout en participant à la collecte des déchets organiques pour leur revalorisation.
L’innovation réside aussi dans la double valeur ajoutée : une alimentation saine et accessible pour tous, et une filière de recyclage des biodéchets qui génère des revenus complémentaires pour la collectivité.
Pour renforcer la visibilité des primeurs et faciliter l’accès aux produits frais, le projet intègre un logiciel libre de gestion de vitrine numérique, développé et maintenu par une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Cet outil, conçu pour être entièrement paramétrable par téléphone ou ordinateur, permet aux commerçants de mettre à jour en temps réel leur catalogue : produits disponibles, provenance, prix en magasin, et même des informations sur les dates de récolte et de mise en rayon. L’objectif est double : simplifier la gestion des stocks pour les primeurs et offrir une transparence totale aux consommateurs, qui peuvent ainsi faire des choix éclairés en fonction de la fraîcheur et de l’origine des produits.
Chaque commande passée via la plateforme est validée par un humain avant confirmation. Ce processus garantit que les produits demandés sont effectivement disponibles en stock. En cas d’absence d’un produit, le système propose automatiquement :
Pour assurer une gestion optimale des stocks, le logiciel intègre une fonctionnalité de saisie quotidienne des invendus et de leur fraîcheur, basée sur les dates de récolte et de mise en rayon. Cette option permet aux primeurs d’anticiper les commandes, de limiter le gaspillage et de proposer des produits toujours frais. En cas de surplus, le système peut même suggérer des promotions ciblées ou des dons à des associations locales, renforçant ainsi le lien entre les acteurs du territoire.
Ce dispositif, en plus de moderniser la relation client, crée un réseau solidaire entre primeurs, favorisant la complémentarité plutôt que la concurrence. Les consommateurs y gagnent en fiabilité et en choix, tandis que les commerçants bénéficient d’un outil simple, collaboratif et adapté à leurs besoins. Enfin, la gestion par une SCIC assure que le logiciel reste accessible, évolutif et ancré dans une logique d’intérêt collectif, en phase avec les valeurs du projet.
Pour les municipalités partenaires, ce dispositif représente une opportunité unique de renforcer leur image sur trois piliers : l’innovation sociale, la transition écologique et la proximité avec les citoyens. En subventionnant partiellement les livraisons pour les publics fragiles, les villes démontrent leur engagement concret contre la précarité alimentaire, tout en dynamisant l’économie locale.
La collecte systématique des biodéchets pour en faire du compost ou des engrais, revendus à des industriels, positionne la commune comme acteur clé de l’économie circulaire, réduisant ses coûts de gestion des déchets et créant une nouvelle source de revenus. Sur le plan médiatique, un tel projet attire l’attention des citoyens soucieux de développement durable, renforçant l’attractivité du territoire.
L’implication des livreurs dans la réduction du gaspillage alimentaire et la sensibilisation des commerçants aux bonnes pratiques (tri, conservation, etc.) valorise la marque ville proche de ses citoyens. Enfin, en ciblant les personnes malades ou en emploi du temps contraint, la ville affiche une politique inclusive, susceptible de fédérer un large éventail d’électeurs et d’associations.
Le modèle économique repose sur un équilibre entre contribution collective et équité sociale. Une taxe annuelle, prélevée par la ville, finance la structure logistique (flotte de vélos cargos électriques, logiciel de gestion, formation des livreurs) et subventionne les livraisons pour les personnes les plus modestes justifiant d’un arrêt maladie, d’un handicap (psychique ou moteur) ou d’une activité salariée à plein temps. La mairie définit un seuil d’imposition inférieur à un plafond fixé pour que le coût soit entièrement pris en charge par la collectivité. Ce dispositif garantit la non-concurrence avec les autres acteurs du marché de l’alimentation, en réservant ce service aux personnes à mobilité réduite (temporaire ou permanente) et aux actifs disposant de peu de temps personnel pour faire leurs courses.
Les recettes complémentaires proviennent de la revente des biodéchets transformés en compost ou engrais, ainsi que des partenariats avec les grandes enseignes alimentaires (hors TPE/PME), qui paient un droit d’accès au réseau de livraison. Pour limiter la charge fiscale, la ville peut solliciter des subventions européennes ou nationales dédiées à l’économie sociale et solidaire ou à la transition écologique. Enfin, la mutualisation des coûts avec d’autres communes voisines permet de réduire la taxe individuelle tout en élargissant la zone de couverture.
Ce modèle, à la fois pragmatique et solidaire, prouve qu’il est possible de concilier efficacité économique et justice sociale, tout en répondant aux urgences climatiques.
L’association Éthiciel, à but non lucratif, joue un rôle clé dans la conception et l’évaluation de ce projet pilote. Elle propose d’engager un partenariat avec une première ville pour évaluer la pertinence du modèle, en réunissant l’ensemble des acteurs autour d’une table avant et après un appel d’offres pour la partie livraison avec une flotte de vélos cargo avec capote ainsi que la création du logiciel libre de vitrine simple pour les primeurs par une SCIC. Pour Éthiciel, les volets sociaux sont importants et justifient pour une grande partie la mise en oeuvre de ce projet à l’échelle locale notamment en imposant des formations destinées aux salariés de la structure privée retenue pour l’organisation des livraisons ainsi que l’entraide de l’ensemble des citoyens aux bénéficiaires par la taxe annuelle.
L’association assurera la transparence totale en publiant ses comptes annotés et se financera grâce aux subventions publiques destinés spécifiquement à ce projet, mais aussi aux dons des bénéficiaires (avec déductions fiscales à terme). Ces dons lui permettront de financer d’autres actions dans des domaines qu’elle a déjà identifiés ou qu’elle pourrait envisager.
Un retour d’expérience documenté sera publié sur un site web dédié, présentant les métriques et résultats du projet pilote. Ce bilan, neutre et factuel, sera élaboré et consolidé avec l’ensemble des partenaires, et une conclusion négociée sera rédigée conjointement. Ce processus garantira une évaluation objective des succès et des axes d’amélioration, tout en offrant une ressource précieuse pour les futures initiatives similaires.
Le siège de l’association se situe à IVRY-SUR-SEINE dans le 94 et son Président est mobile avec les transports urbains.